Mot du vigneron

Nous défendons une viticulture paysanne, artisanale, honnête et sincère.

Un vin doit être l’expression du lieu d’où il est issu, le reflet des conditions climatiques de l’année et un peu du vigneron qui l’a produit, tout en respectant la vie du sol et de l’environnement. Il doit donner du plaisir mais surtout au final être sain, vivant et digeste … un vin naturel.

Le vécu des millésimes par Philippe Tessier :

Dans tous les vignobles la majorité des vignerons gardera longtemps en mémoire ce millésime exceptionnel tant en volume qu’en qualité, la majorité mais pas tous !

Après un hiver peu rigoureux, le printemps s’annonce précocement et fin avril nous courbons le dos en espérant que le gel de printemps nous épargnera. Les matins des 2 et 3 mai le thermomètre affiche des températures négatives mais sans dégâts cette fois…Ouf ! Le printemps doux est favorable à la croissance rapide des bourgeons et le nombre de boutons floraux laisse augurer une récolte plus que généreuse. Tout se passe bien jusqu’à la floraison début Juin, pas une tâche de mildiou sur feuilles malgré des petites pluies régulières. Puis en fin de floraison, stade très sensible aux maladies, les pluies redoublent sous des températures chaudes et en absence de vent. En quelques jours le mildiou « tombe » sur les grappes tout justes formées. A ce stade, un traitement mal réalisé ou passé avec un jour de retard s’avère catastrophique pour nous vignerons en agriculture bio. Une partie de la récolte est détruite en quelques jours surtout sur Pinot noir et Sauvignon. C’est la douche froide et l’espoir d’une belle récolte qui s’envole. Le vigneron s’en veut forcement et se dit qu’il a failli quelque part. A partir de début Juillet le soleil revient en force et durant les trois mois qui suivent il ne pleut pratiquement plus. A tel point que les vignes sont en stress hydrique avant les vendanges, ce qui réduira encore un peu plus les rendements. Des pluies bénéfiques il y en a eu dans les environs mais pas chez nous. Les vendanges débutent le 6 Septembre, une fois encore plus tôt que la moyenne. Elles se feront dans d’excellentes conditions, sans pluie sous le soleil et certains jours sous un soleil très chaud.

Les raisins sont sains, riches en sucres voire concentrés. Trois semaines de vendanges pour un beau résultat qualitatif mais un déficit en volume d’au moins de 40%. Les vinifications se déroulent sans problème sur les rouges qui seront riches, colorés et puissants avec des notes « sudistes ». Dans les blancs les fermentations trainent et dans certains lots il restera quelques grammes de sucres non transformés. Les acidités étant plutôt basses, le caractère Loire risque d’être moins marqué dans les 2018.

Après le gel de 2016 mon père (92 ans) m’avait dit « on ne gèlera pas, 2 années de suite ça s’est jamais vu ». Et bien si…
On y pensait parfois, sans y croire, après un hiver doux et humide et des températures début avril au-dessus des moyennes mais on ne s’attendait pas à un épisode de gel si long et si fort fin avril. La nuit du 19, c’est un gel noir (sec) qui sévit jusqu’à -6°C. Les dégâts sont importants par endroits, plus limités à d’autres. Une semaine plus tard, les conditions sont idéales pour une gelée blanche cette fois : petite pluie froide en fin de journée du 26 et le lendemain matin -3 à -4°, gros givre et grand soleil au lever du jour. Les bourgeons qui avaient résisté une semaine plus tôt sont brûlés. Les parcelles protégées par des tours antigel s’en sortent mieux (environ 5ha).
Le reste est détruit de 80 à 90 %.

C’est un coup dur pour toute l’équipe du domaine car nous savons que le travail sera le même et que ces gels consécutifs vont entrainer des soucis de commercialisation et fragiliser la trésorerie. C’est d’autant plus rageant qu’à la suite de ce gel les conditions climatiques jusqu’aux vendanges s’avèrent plutôt favorables. Dans les vignes épargnées, la sortie des grappes est généreuse, la floraison est satisfaisante et avec un bel été sec et chaud la pression des maladies est faible. L’année s’annonce précoce. Les vendanges se font dans d’excellentes conditions du 6 au 22 septembre. Les raisins sont sains et comme c’est souvent le cas les années de gel, on note des écarts de maturité entre les raisins de plusieurs générations. Les vinifications se déroulent sans soucis particuliers et les vins terminés se révèlent francs, plus frais que les 2016. Comme l’an dernier, nous devrons contingenter les ventes et ce sera plus compliqué car les stocks sont au plus bas. Vous êtes « buveur amateur de vin », professionnel, vous nous suivez depuis des années et vous avez compris depuis longtemps à quel point, nous paysans, qui nous faisons qu’une seule récolte par an, sommes tributaires des aléas climatiques.

Mais nous nous projetons déjà sur le millésime 2018 avec l’espoir d’une vrai belle vendange.

On sait que dans sa vie professionnelle, un vigneron aura à subir un ou plusieurs millésimes catastrophes. Je peux dire que je l’ai connu en 2016.

Après un hiver doux, les vignes se réveillent début avril. Le pire a lieu le 27 avril, la température descend à -4 voire -6 à certains endroits. La plupart des bourgeons sont détruits et la perte est estimée entre 60 et 90 % selon les parcelles. C’est un coup très dur, d’autant qu’il survient après des mauvaises années : gel en 2012 (-60 %), regel en 2013 (-25 %), mildiou et coulure en 2014 (-25 %).

 

Courant mai, les bourgeons secondaires se réveillent et la vigne reverdit. Mais fin mai, de fortes pluies persistantes entrainent des inondations (les routes sont coupées, fait rare dans notre région). Les traitements anti-mildiou sont rendus difficiles, voire impossibles dans certaines parcelles, les tracteurs ne pouvant y entrer au risque de s'enliser. Les vignes, à ce stade de développement, sont très fragiles et le mildiou va « manger » quelques raisins.
Les pluies cessent fin juin, le soleil s’installe, les sols se ressuient et très vite, dès juillet, on passe d’une situation très humide à une sécheresse qui va durer jusqu’après les vendanges. Les sols deviennent très secs, au point que les charrues ne rentrent plus. Les fortes chaleurs vont même « griller » des raisins et en déshydrater d’autres. Trop humide avant, trop sec ensuite !

 

Les vendanges se déroulent du 28 septembre au 12 octobre dans d’excellentes conditions. Raisins sains et bien mûrs. Au moins, même si les jus sont faibles en volume, ils sont de qualité.
Comme prévu, la perte de récolte est de 75 % et il est démoralisant de voir la majorité des cuves vides.
Cette perte ne sera pas compensée par l’achat de raisins. Il est trop difficile de trouver dans le coin des vignerons bio qui ont de la vendange à vendre et je ne souhaite pas vinifier des raisins d’autres régions. C’est pourtant l’année des raisins « voyageurs » !

Pas de soucis notables concernant la vinification. Les fermentations alcooliques se terminent tranquillement malgré les forts potentiels alcooliques.

 

2017, on l’espère fera oublier vite 2016

Les années se suivent et ne se ressemblent pas, c’est ce qui fait la richesse et l’intérêt de notre métier… cette capacité à s’adapter rapidement aux conditionnements météorologiques du moment.

 

L’hiver 2014/2015 se caractérise par une relative douceur et peu de précipitations. Il n’empêche que, comme toujours, la période de fin avril est tendue ! Les vignes ont débourré et les températures matinales flirtent avec le 0° ; heureusement sans conséquences fâcheuses.

 

Le 1er week-end de mai est marqué par de fortes précipitations (80mm en 3 jours). Ce sera finalement le dernier épisode pluvieux important de l’année puisqu’au total le cumul annuel affichera un déficit de plus de 30 %.
Le vent va tourner nord courant mai et rapidement ressuyer les sols. La floraison débute entre le 8 et le 10 juin par temps sec et nuits froides. Les écarts de températures entre le jour et la nuit vont entraîner la coulure (avortement du fruit) essentiellement sur le sauvignon.

 

L’été est un vrai été ! Chaud, solaire, sec voire très sec. Un été reposant pour le vigneron car sans pression maladie (4 traitements au lieu de 11 en 2014) et avec peu de travail du sol car sans levée de mauvaises herbes. Mais le vigneron est inquiet par les premiers signes de stress hydrique (arrêt de croissance des rameaux et feuilles recroquevillées) sur certaines parcelles aux sols légers et filtrants.
Les petites pluies salvatrices de fin août début septembre seront plus que bienvenues !

 

Les vendanges commencent le 10 septembre et se déroulent dans de très bonnes conditions. Raisins sains, fruits bien murs. Temps idéal, mis à part 2 jours de pluie. Les vendangeurs ont le sourire et les pieds au sec ! Vu le bel été, la qualité au rendez-vous n’est pas une surprise. La vrai surprise vient des volumes, qui au final sont plus généreux que prévu, même si on ne fait pas le plein (petit rendement en sauvignon).
Les vinifications se déroulent plutôt bien avec quelques fins de fermentations difficiles en blanc sur les lots à fort potentiel alcoolique (14 °). Ph assez élevés, acidité basse mais la structure et le volume sont là et déjà les vins se donnent bien à la dégustation.

 

Seule inconnue, la tenue dans le temps d’un millésime « solaire » qui rappelle 2009.
Enfin une belle année !

Après un hiver doux et humide, le printemps débute sous un climat sec et frais. Le débourrement est précoce. Fin Avril le gel de printemps menace, la température est négative plusieurs matins mais le gel ne « mord » pas comme on dit, du fait de l’absence de givre et d’un léger vent sec. Mai est plutôt beau et sec et la vigne se développe sans souci. La floraison dans la 1ère quinzaine de Juin se déroule dans de bonnes conditions et la récolte (100 jours plus tard) est envisagée vers le 10 Sept. Mais durant le week-end de Pentecôte un orage localisé (30 mm) va être à l’origine des premières contaminations de mildiou. Nous allons courir après tout l’été sans jamais l’éradiquer et ce malgré les nombreux traitements car les pluies sont régulières en Juillet (120 mm) et en Août (100 mm). L’attaque sur grappes est importante et la perte atteint jusqu’à 50% sur certaines parcelles (jeunes vignes de pinot et sauvignon) ; d’autres parcelles résistent mieux
(vieilles vignes, romorantin, orbois, gamay).

 

Fin Août la situation est peu encourageante, des foyers de pourriture apparaissent et la maturité évolue lentement. Heureusement arrive Septembre qui va nous sauver. Enfin nous retrouvons un temps sec, un soleil généreux et durable… Il était grand temps !

 

Les vendanges débutent le 22 Septembre et se déroulent dans d’excellentes conditions, pas ou peu de tri, des raisins concentrés et la promesse d’une belle qualité. Les vinifications se déroulent sans souci et très vite les jus s’affirment avec une richesse et une structure très prometteuses. 2014 sera un millésime de belle tenue autant dans les blancs que dans les rouges. La fausse note vient du volume produit, identique à 2013, soit une perte de 30%. Après deux petites récoltes nous espérions mieux…

 

Nous serons donc dans l’obligation de contingenter et de procéder par allocations pour vous contenter au mieux.

Après un hiver doux et humide, le printemps débute sous un climat sec et frais. Le débourrement est précoce. Fin Avril le gel de printemps menace, la température est négative plusieurs matins mais le gel ne « mord » pas comme on dit, du fait de l’absence de givre et d’un léger vent sec. Mai est plutôt beau et sec et la vigne se développe sans souci. La floraison dans la 1ère quinzaine de Juin se déroule dans de bonnes conditions et la récolte (100 jours plus tard) est envisagée vers le 10 Sept. Mais durant le week-end de Pentecôte un orage localisé (30 mm) va être à l’origine des premières contaminations de mildiou. Nous allons courir après tout l’été sans jamais l’éradiquer et ce malgré les nombreux traitements car les pluies sont régulières en Juillet (120 mm) et en Août (100 mm). L’attaque sur grappes est importante et la perte atteint jusqu’à 50% sur certaines parcelles (jeunes vignes de pinot et sauvignon) ; d’autres parcelles résistent mieux
(vieilles vignes, romorantin, orbois, gamay).

 

Fin Août la situation est peu encourageante, des foyers de pourriture apparaissent et la maturité évolue lentement. Heureusement arrive Septembre qui va nous sauver. Enfin nous retrouvons un temps sec, un soleil généreux et durable… Il était grand temps !

 

Les vendanges débutent le 22 Septembre et se déroulent dans d’excellentes conditions, pas ou peu de tri, des raisins concentrés et la promesse d’une belle qualité. Les vinifications se déroulent sans souci et très vite les jus s’affirment avec une richesse et une structure très prometteuses. 2014 sera un millésime de belle tenue autant dans les blancs que dans les rouges. La fausse note vient du volume produit, identique à 2013, soit une perte de 30%. Après deux petites récoltes nous espérions mieux…

 

Nous serons donc dans l’obligation de contingenter et de procéder par allocations pour vous contenter au mieux.

Ce millésime aura été marqué par une succession d’accidents climatiques et physiologiques avec comme principale conséquence une très faible récolte. L’hiver débute dans la douceur jusqu’à fin janvier. Début février les températures chutent trop rapidement jusqu’à -18°, -20°C. Ce gel d’hiver entrainera la destruction de plusieurs centaines de souches sur 2 parcelles principalement, dégâts visibles seulement en mai.

 

Fin mars début avril les températures remontent au dessus des normes de saison : la végétation se réveille, les bourgeons éclatent jusqu’à cette nuit fatidique du 16 au 17 avril… -6° et un soleil ardent au lever du jour. Cette fois le gel de printemps grille 50 à 80 % des bourgeons selon les parcelles et compromet d’autant la future récolte. Ce gel rappelle celui de 1991. La végétation va repartir et il faut dès lors sauver le peu de raisin revenu.

 

Les conditions météo de l’été ne vont pas nous y aider : temps humide et frais durant la floraison, attaque virulente du mildiou surtout en juillet et pluies en fin de vendanges.

 

Des vendanges qui débutent fin septembre et se déroulent plutôt dans de bonnes conditions. Toute l’équipe de vendangeurs peine à remplir le pressoir et dans le chai nous ne sommes pas débordés. Beaucoup de cuves resteront vides. Point positif : l’état sanitaire est bon mais la maturité est hétérogène comme souvent les années de gel.

 

Les vinifications ne posent pas de problème particulier.

 

Au final la récolte est diminué d’environ de 60 % en Cheverny rouge, de 70 % en Cheverny blanc, de 80 % en Cheverny rosé et de 35 % en Cour-Cheverny. La qualité est là : belles acidités, couleurs soutenues, joli fruit, tanins qui demandent à se fondre encore un peu dans les rouges, arômes délicats, équilibre et fraicheur dans les blancs.

Deux étés dans l’année mais pas d’été en été…

 

L’année 2011 a été marquée par un printemps précoce, chaud et très sec suite à un hiver également déficitaire en précipitations. Le débourrement fin mars est en avance d’une dizaine de jours.

 

Début avril, des bourgeons sont grillés par un coup de gel matinal. Les dégâts semblent peu importants, mais à la récolte il manque quelques hectolitres sur certaines parcelles, notamment en Pinot Noir.

La floraison tout début juin nous fait prévoir des vendanges en avance de 3 semaines. L’état sanitaire est parfait jusqu’à mi-juillet et les traitements sont peu nombreux.
Fin juin, le stress hydrique se fait sentir. La croissance des rameaux est très fortement ralenti surtout sur les sols siliceux filtrants. Les pluies reviennent en août et les températures chutent à une période habituellement chaude et sèche. Les vignes repartent en végétation et ces conditions climatiques « à l’envers » perturbent la maturation des raisins.

 

Les vendanges commencent le 2 septembre, avec tout de même plus de 15 jours d’avance. Elles se déroulent dans de bonnes conditions avec même sur la fin un retour du soleil et d’une chaleur estivale… c’est le 2ème été de l’année. Dans les blancs, la qualité est au rendez-vous avec de belles maturités et des raisins très sains. Les rouges ont moins bien supporté les dernières pluies. Leur maturité est hétérogène et l’état sanitaire se dégrade. Les raisins, déjà triés à la vigne, le sont de nouveau à la cave. Les rendements sont inférieurs de 10 % à ceux de 2010.

 

Les fermentations s’enclenchent rapidement et sont très dynamiques dans les rouges. En blanc, le potentiel alcoolique étant très élevé les derniers grammes de sucres sont difficiles à transformer et à ce jour (05 janvier 2012), quelques lots sont loin d’être secs : il faudra attendre le printemps.

 

Au final un beau millésime dans les blancs qui seront gras, riches et aromatiques. Les rouges seront plus légers en structure, fruités et néanmoins équilibrés. Ils seront prêts à boire rapidement.

L’hiver 2009-2010 a été long et rigoureux avec des gelées matinales jusqu’à fin mars. Le débourrement est précoce ce qui est une bonne chose dans notre région où les gelées printanières sont toujours à craindre.

 

De mi-avril à mi-juin les conditions sont favorables avec des précipitations en dessous de la moyenne et des températures sans excès. L’état sanitaire est parfait et les traitements peu nombreux.

 

La floraison débute vers le 18 de juin et s’étale sur 2 semaines en raison des températures basses et des petites pluies. Or, une floraison sous le soleil et en quelques jours, est le gage d’une maturité homogène à la vendange. Entre le 3 et le 10 juillet nous essuyons quatre gros orages avec un cumul de précipitations de 170 mm. Nous sommes comme on dit « sous la gouttière ». Autant de pluies en si peu de temps aura des conséquences jusqu’à la vendange : l’état sanitaire va vite se dégrader et les premiers foyers de botrytis (pourriture) vont apparaitre sur les jeunes grappes. L’été 2010 n’aura pas marqué les esprits. Nous n’avons pas le souvenir de soirées « barbecue » avec du rosé bien frais. L’évolution de la maturité est lente, la récolte s’annonce généreuse en volume.

 

Les vendanges débutent le 21 septembre par les blancs destinés à l’élaboration des crémants. Puis c’est une gestion parcelle par parcelle, l’état sanitaire dictant la marche à suivre. Il faut savoir attendre certaines parcelles et vite intervenir dans d’autres. C’est le cas des jeunes vignes enracinées superficiellement et réagissant aux pluies successives. Le tri à la vigne et à la cave est primordial. Sont éliminées les grappes atteintes de pourriture ou insuffisamment mûres. Nous estimons avoir jeté en moyenne prés de 20 % de la récolte.

 

Les vinifications se déroulent bien. Malgré ces vendanges difficiles, la qualité semble préservée.

 

Les blancs sont intéressants par leur équilibre en bouche. Dans les rouges les assemblages sont prépondérants : ce qui manque aux pinots noir (structure, couleur, acidité), les gamay, ayant moins souffert, pourront l’apporter.

 

Certes 2010 ne pourra rivaliser avec 2009 mais ce millésime a ses atouts : des vins moins alcooleux mais prêts à boire rapidement sur la fraîcheur. Ils permettront d’attendre certains 2009 et 2008.

Tout commence bien en amont avec le retour à de véritables saisons : un hiver long et vigoureux, un printemps sec et agréable. Le débourrement tardif nous protège du risque de gel de printemps.

 

Par contre, très vite les conditions météorologiques se détériorent de mi-mai à fin juillet : petites pluies hebdomadaires et températures douces. Durant juin la floraison traine en longueur et la fécondité est irrégulière. La bête noire du vigneron bio va vite s’installer sur les feuilles et parfois sur les grappes : le mildiou est là et il est bien difficile à contrôler.

 

La nature est parfois réparatrice ; le mois d’août est très sec et chaud. Le mildiou se stabilise. Le retard accumulé va se rattraper et les fruits se développer rapidement. On constate même un début de stress hydrique sur les sols les plus filtrants. Le soleil de septembre est généreux et les deux pluies du début du mois à 12 jours d’intervalle sont bénies : si j’avais pu commander la météo je n’aurais pas fait mieux !

 

Les vendanges commencent le 16 septembre sous la pluie, ce sera la seule journée pluvieuse. Les conditions de récolte sont exceptionnelles : les vendangeurs sont heureux, il fait beau, il n’y a pratiquement pas de tri de raisins. Nous sommes étonnés par les degrés alcooliques potentiels : 15° sur un gamay par exemple, du jamais vu dans ma carrière de vigneron. La qualité et la quantité sont au rendez-vous.

 

Les vinifications se déroulent bien sur les rouges. Ils ont de la chair, des tanins fondus, une couleur profonde, des arômes de fruits bien murs. Ces vins devraient bien évoluer dans les prochaines années.

 

Les blancs au potentiel alcoolique élevé (13,5, 14 °) fermentent lentement et demandent beaucoup de surveillance. Ils seront pleins, gras, généreux, aromatiques et équilibrés.

 

A tout résumer : un millésime régulier en qualité dans toutes les couleurs et sur tous les cépages.

Le débourrement plutôt tardif dû à un mois d’avril frais nous protège en partie des gelées printanières. Le printemps et l’été sont marqués par des sommes de températures inférieures à celles des dernières années (2007 par exemple... une année peu ensoleillée). Du coup la sortie de grappes est plutôt faible et la floraison longue et irrégulière.

 

La récolte s’annonce tardive et faible en volume. L’activité première sera encore une lutte sans relâche contre le mildiou très à l’aise durant cette saison en raison de fréquentes petites pluies. Fin Août le retard de maturité est évident et l’état sanitaire devient préoccupant surtout dans les gamays.

 

Heureusement le vent froid et sec de septembre va sécher les foyers de pourriture et enclencher un processus de déshydratation et de concentration. Très vite les taux de sucres vont grimper et les acidités se concentrer. Les raisins ne semblent pas mûrs à la dégustation.

 

Les vendanges débutent dernière semaine de septembre et les premiers jus donnent le ton du millésime : faible volume dans les blancs surtout sur sauvignon (20 hl/ha), degrés potentiels élevés et fortes acidités (les fermentations malolactiques seront plus que nécessaires).

 

Vu la faible quantité dans les sauvignons nous avons décidé de ne pas élaborer la cuvée « La charbonnerie 2008 ». Le tout sera assemblé dans le Cheverny blanc Domaine 2008.Les rouges semblent mieux équilibrés : l’acidité est moins pointue et les tanins assez soyeux.

 

Un millésime original. Les blancs après un élevage plus long que d’habitude seront consistants, frais et bien typés Loire. Tendus jeunes, ils ont une bonne aptitude à vieillir quelques années. Lors de la dégustation, après un an d’élevage, la cuvée « la porte dorée » issue traditionnellement des plus vieilles vignes, ne s’imposait pas. Elle sera finalement assemblée dans la cuvée « les sables » 2008.

 

Les rouges sont francs, fruités, et charnus. Les tanins encore un peu anguleux devraient vite s’arrondir. Des vins de bonne tenue.

Après un hiver sans « hiver », le printemps fait plus penser à l’été avec un mois d’avril exceptionnel digne d’un mois de juillet. Ce temps très chaud et ensoleillé favorise un débourrement précoce et une croissance végétative des rameaux importante et rapide. Une telle avance à la mi-mai fait déjà penser à des vendanges fin août.

 

La suite de la climatologie nous donne tort : durant juin, juillet et août nous enregistrons un fort déficit en température et en ensoleillement, une pluviométrie plutôt généreuse. Le mildiou fait parler de lui. En agriculture biologique, le bon positionnement des traitements s’avère prépondérant. Nous arrivons à contrôler cette maladie sans trop de dégâts sur grappes. Fin août la situation n’est pas réjouissante : l’état sanitaire se dégrade et la maturité est très retardée.

 

Avec septembre arrive le vent du nord qui assèche les foyers de pourritures et concentre les sucres. Les vendanges commencent mi-septembre sans précipitation (les acidités sont encore élevées). Elles se déroulent dans de bonnes conditions.

 

Les rendements en jus sont faibles surtout sur les cépages précoces. La qualité est néanmoins satisfaisante. Après des années marquées par des degrés alcooliques élevés surtout sur les vins blancs, nous revenons à une année plus classique de Loire.

 

Plus d’acidité et des arômes plus frais dans les Cheverny blancs. Des rouges plus gourmands, plus légers mais droits et francs.

 

Les Cour-Cheverny plus tardifs ont eu plus de difficulté à bien mûrir. Ils seront néanmoins bien équilibrés mais avec moins de soyeux et de corps que les 2005 et 2006.

 

En résumé, des rendements plus faibles que prévu, une typicité bien Loire et une qualité tout à fait acceptable à la vue de l’été passé, « sans été ».

Le froid du printemps retarde le débourrement mais nous protège heureusement du gel tardif.

 

Mai, juin avec des températures au dessus de la moyenne et une pluviométrie déficitaire, juillet presque caniculaire, août triste peu ensoleillé mais aussi peu pluvieux ; tout se déroule bien et début septembre, l’état sanitaire est satisfaisant et la maturité homogène.

 

Les acidités totales encore élevées nous persuadent de reculer le début des vendanges. Et puis tout va très vite : avec des températures très au-dessus des moyennes les potentiels alcooliques grimpent. Nous commençons les vendanges dès le ban et la première semaine se passe bien. Mais les températures chaudes la journée, douces la nuit associées à une hygrométrie élevée vont très vite rendre la situation critique. Il faut alors accélérer la récolte, embaucher de nouveaux vendangeurs car tous les cépages sont au même stade et l’état sanitaire se dégrade. En fin de vendanges, il faudra trier sévèrement surtout pour les Romorantin et les derniers Gamay.

 

Les vinifications sans problème pour les rouges posent des soucis pour les blancs notamment à cause de la richesse alcoolique (14° à 15 °). Les fins de fermentations sont difficiles. Nous aurons encore comme en 2005 et 2003 quelques grammes de sucre résiduel.

 

Au final une récolte satisfaisante en volume dans les rouges, plus faible dans les blancs.

 

Les Cheverny rouges un peu plus nerveux que les 2005 sont plutôt bien équilibrés et sur le fruit : le pinot noir s’exprime et domine souvent dans les assemblages.

 

Les Cheverny blancs très riches, fleuris et puissants seront néanmoins bien typés Loire.

 

Les Cour-Cheverny plus en retrait demanderont plus d’élevage pour s’exprimer : un millésime de semi garde.

Voilà un millésime qui marque la vie d’un vigneron. La climatologie de 2005 est particulièrement remarquable : 420 mm de précipitation alors que la moyenne des trente dernières années est de 670 mm, un ensoleillement supérieur à la moyenne et cumul des températures le plus élevé depuis l’existence des relevés. A noter que les dernières années sont classées parmi les 10 plus chaudes depuis 1930. Le réchauffement du climat est bien en marche ; il faudra se préparer désormais à des vendanges précoces et chaudes.

 

La vendange s’est déroulée dans des conditions idéales : excellent état sanitaire des raisins, très beau temps : les vendangeurs ont le sourire et l’ambiance dans les vignes et à la cave est au beau fixe. Le rendement en jus est plus faible que prévu mais leur qualité confirme les espérances : teneur en sucre élevé (potentiel alcoolique de 13,5° à 14,5° pour les blancs) acidité faible mais suffisante, couleur intense dans les rouges et tanins soutenus.

 

Les vinifications demandent beaucoup de surveillance. Les fermentations malolactiques débutent souvent avant la fin des fermentations alcooliques d’où quelques montées d’ « acidité volatiles » qui provoquent autant de montées d’ « adrénaline » chez le vigneron. Et oui les années riches ne sont pas les plus faciles à vinifier ! .

 

En résumé une récolte en volume légèrement en dessous des prévisions mais une qualité remarquable. Des vins d’un bel équilibre, fins, élégants et puissants avec un beau potentiel de garde.

 

Des blancs riches, gras avec souvent un peu de sucre résiduel, fruités conservant leur typicité Loire.

 

Des rouges colorés, puissants, avec des tanins mûrs à garder quelques années.

Voilà un millésime qui marque la vie d’un vigneron. La climatologie de 2005 est particulièrement remarquable : 420 mm de précipitation alors que la moyenne des trente dernières années est de 670 mm, un ensoleillement supérieur à la moyenne et cumul des températures le plus élevé depuis l’existence des relevés. A noter que les dernières années sont classées parmi les 10 plus chaudes depuis 1930. Le réchauffement du climat est bien en marche ; il faudra se préparer désormais à des vendanges précoces et chaudes.

 

Passé le risque de gel en avril le printemps se déroule sans souci : pluviométrie en dessous de la moyenne et bel ensoleillement.

 

La sortie de grappes est généreuse, la floraison parfaite, l’état sanitaire excellent jusqu’à mi-juillet. Cette situation va être compromise à partir du 20 juillet suite à un orage très localisé (25 mm de pluie en 20 mn). Suit un mois d’août exceptionnellement humide (90 mm au total). Le mildiou réapparaît suivi de son acolyte botrytis. Fin août la situation est inquiétante : grosse récolte, maturité peu avancée et des foyers de pourriture s’installent.

 

Le début de vendanges sera retardé fin septembre et ce temps sera utilisé pour faire tomber les grappes atteintes. Le temps sec et ensoleillé de septembre sauve la mise et la vendange manuelle sera déterminante cette année : sélection des grappes les plus mûres et saines. La récolte est finalement bonne tant en volume qu’en qualité.

 

Fin d’hiver les acidités élevées ont chutés, les tanins se sont affinés et le fruit est bien présent. Un millésime qui revient de loin.

 

Les vins seront à boire dés le printemps. Des rouges souples sur le fruit. Des blancs frais, légers et désaltérants.

Encore un gel de printemps sévère après 1991, 1994, 1997 et 2001. Environ 50 % des bourgeons détruits le matin du 11 avril. Le printemps est plutôt beau et précoce. Les vignes repartent bien et la floraison est sans problème. Nous estimons à ce moment là une récolte réduite environ de 40 %.

 

C’est sans compter sur l’autre fait marquant de ce millésime : les températures caniculaires de début d’août, plus de 40 °C plusieurs jours de suite ce qui signifie des températures de plus de 50 °C au niveau des raisins exposés au milieu des souches. L’effet est de plus accentué” par les sols siliceux travaillés sous le rang. Des parties de grappe ou des grappes entières sont grillées comme dans un four. La perte est là aussi importante surtout sur gamay, pinot noir et romorantin (environ 30 %).

 

Le temps sec et chaud durera tout août et septembre. Les vendanges démarrent le 3 septembre 2003 avec 3 semaines d’avance. Les potentiels alcooliques sont inhabituels (prés de 14 ° sur les rouges et 15 ° sur les blancs en moyenne).

 

Les vinifications se déroulent bien sur les rouges et plus difficilement sur les Cheverny blancs. Les blancs 2003 seront marqués par des degrés élevés, des acidités basses avec souvent la présence de sucre résiduel (de 5 à 40g/l).

 

En résumé : un millésime très faible en quantité, de bonne qualité mais peu représentatif des vins du Val de Loire.

 

- Rondeur, souplesse et belle matière sur les rouges. Le fruit très mur voire confit est très présent.

 

- Les Cheverny blancs très souples car avec quelques grammes de sucre résiduel seront malgré tout aromatiques mais marqués par une puissance alcoolique élevée (environ 14% vol.) et une faible acidité.

 

- Les Cour-Cheverny de constitution plus tannique supportent bien l’alcool. L’équilibre est satisfaisant. Il y aura peu de Cour-Cheverny secs cette année. Par contre nous retrouveront des vins demi-secs et moelleux (Cuvée Roger Tessier) très prometteurs.

Le mois d’avril est froid mais sec ce qui nous sauve du gel de printemps. Après un joli mois de mai, juin se distingue par une pluviométrie au dessus de la moyenne et la floraison s’en trouve perturbée : coulure sur les sauvignons, millerandage sur les rouges.

 

A un mois de juillet plutôt ensoleillé succède août très pluvieux. Aussi tout début septembre la situation est inquiétante. La maturité des raisins évolue lentement et des foyers de botrytis se multiplient.

 

Et Miracle ! Le vent du nord arrive, les pluies cessent, le soleil revient : l’état sanitaire s’améliore et la maturité évolue positivement. Nous assistons pendant un mois à un phénomène de déshydratation des baies et de concentration des sucres, des arômes et des acides...

 

Le sourire revient et les vendanges sont du coup retardées. La qualité est au rendez-vous et les rendements sont plus faibles que prévus.

 

Les vinifications n’ont posé aucun souci sur les rouges. En blanc, sur quelques lots au potentiel alcoolique élevé, la fermentation alcoolique s’est fortement ralentie en attendant le printemps. La sortie des cuvées s’en trouvera retardée cette année, les vins nécessitant un plus long élevage. A noter cette année un volume plus important élevé en barriques ou demi-muids (environ 160 hl).

 

Structure, gras, belle acidité, arômes élégants, tanins fins : tout est réuni pour faire de 2002 un grand millésime.

Dans les vignes et au chai

L’âge des vignes varie de 1 à 50 ans avec environ 2/3 des vignes de plus de 15 ans. La densité varie de 5000 à 6200 ceps à l’hectare. Les vignes jeunes et vigoureuses sont enherbées. Ailleurs, les sols sont labourés et cultivés.

Apport unique de chaux et d’humus. Depuis 1998 le vignoble est certifié en Agriculture Biologique (contrôle ECOCERT).

Dans les vignes le refus d’intrants chimiques et le travail mécanique du sol visent à maintenir les sols vivants avec une flore et une faune microbienne nombreuses et variées.

De plus les racines des ceps travaillent un peu plus en profondeur pour y puiser les éléments minéraux propres au terroir. Les rendements visés sont généralement 20% en dessous des rendements maximum autorisés. Les vendanges manuelles nous permettent d’effectuer un tri rigoureux et une arrivée au chai de raisins entiers. Ainsi la vinification peut se faire sans soufre avant fermentations.

Le travail dans le chai se veut être dans la droite ligne du travail dans les vignes. A partir d’une belle matière il suffit de surveiller les différentes phases de vinification, sans artifice technique. Là aussi un minimum d’intrants : pas de levurage, pas d’enzymage, pas de correction chimique, mais beaucoup de vigilance et un suivi analytique précis et régulier. Juste un peu de soufre ajouté lors des assemblages de cuvée et à la mise en bouteille (moins de 50mg/l au total). La filtration, jamais systématique, se veut la plus douce possible.

Calendrier du vigneron

Assemblage des vins et taille des vignes. Tirage du bois. Vérification et réparation du palissage des vignes.

Décavaillonage (opération inverse du buttage). Pliage et liage des baguettes. Broyage des sarments dans les rangs. Premières mises en bouteilles.

 

Ebourgeonnage. Griffage des rangs enherbés. Accolage et traitements phytosanitaires. Plantations.

Rognage, traitements et effeuillage sur certaines parcelles. Mises en bouteilles.
Quelques jours de vacances …

Préparation du chai et du matériel (grand nettoyage…) et enfin les vendanges ! Puis place aux vinifications.

Arrachage des souches mortes et complantation. Suites aux maladies du bois nous remplaçons tous les ans environ 2 % des pieds de vigne. Buttage des vignes (nous remettons de la terre au pied des vignes). En cave, suivi des fermentations et soutirages, dégorgement du pétillant naturel.

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